Vous êtes l'amour de votre vie !

Publié le 24 Décembre 2014

SOURCES

Pour une vie reliée 

N°28 - Octobre/Novembre/Décembre


Nous sommes responsables de notre propre souffrance

et de notre propre bonheur.

l'amour ne veut rien. Il n'a besoin de rien.

Il se suffit à lui-même. 

 Il est complet.

 

 

katie-home-r20121011Entretien avec Byron Katie par Juliette Lérins

Depuis 1986, à la suite d'une expérience intérieure, Byron Katie a initié des millions de personnes à une méthode d'investigation de leurs pensées et de leurs croyances - cause de leurs souffrances -, qu'elle appelle The Work. Ce "Travail", à la fois simple et profond, qu'elle propose, est fondé sur l'auto-questionnement. il est enseigné aux publics les plus divers : dans des entreprises, des universités, des écoles, des hôpitaux, des prisons, ou encore lors de stages intensifs. Elle s'exprime ici sur notre vraie nature, qui est l'amour.

Dans quelles circonstances avez-vous découvert

qu'il était possible "d'aimer sans limites" ?

Il y a plus d'une vingtaine d'année, alors que toutes les conditions matérielles et affectives étaient réunies dans ma vie - une carrière professionnelle, un mariage heureux, des enfants en bonne santé...-, j'ai traversé une longue et profonde dépression. Je buvais beaucoup et fumais des cigarettes à la chaîne. Je me bourrais toute la journée de comprimés de codéïne, que je mangeais comme des bonbons. J'étais agoraphobe, en rage, et si paranoïaque que je dormais avec un fusil sous mon lit et un révolver sous mon oreiller. J'étais profondément malheureuse et suicidaire, au-delà du désespoir. A tel point que j'ai dû faire un séjour dans un foyer spécialisé pour les femmes souffrant de troubles alimentaires.

Un matin, j’ai vécu une expérience intérieure indicible, que je pourrais appeler, avec le recul, une expérience d’ « éveil ». Ma souffrance avait disparu et je me sentais absorbée dans une joie immense que je n’avais jamais connue jusque-là.

Puis j’ai fait une prise de conscience déterminante : j’ai compris que quand « je croyais mes pensées, je souffrais, et quand je ne les croyais pas, je ne souffrais pas ». Et ce constat est le même pour tous les êtres humains. Nos émotions, telles que la colère, la jalousie, la peur, viennent du fait que nous croyons des penses erronées. Et lorsque nous les remettons en question, nous comprenons en détail leurs effets, physiques et émotionnels, nous nous rendons compte de qui nous serions sans elles. Il ne reste plus, en nous, que la paix et l’amour.

Après cela, vous avez voulu partager votre expérience.

Vous avez mis en place une méthode d’investigation que vous appelez « le Travail ». De quoi s’agit-il ?

 

En réalité, je n’avais pas cette intention, mais les gens ont commencé à venir chez moi pour me demander pourquoi j’étais si débordante de joie, et comment ils pouvaient apprendre ce que je semblais savoir. Dans ma petite ville, on m’appelait « la dame éclairée ». Je savais que chacun pouvait accéder à la même joie que j’avais ressentie.

 

Le Travail que je propose consiste à identifier nos pensées stressantes, et à les explorer grâce à quatre questions.

Par exemple, si je pense : « mon mari ne fait pas attention à moi », cela peut devenir très éprouvant pour moi. La méthode consiste, dans un premier temps, à écrire cette pensée sur une feuille puis à s’interroger :

Est-ce vrai qu’il ne fait pas attention à moi ?

Puis-je être certaine que c’est vrai ?

Quelle est ma réaction quand je crois cette pensée ?

Qui serais-je sans cette pensée ?

Ensuite, on retourne cette pensée pour obtenir diverses pensées opposées, comme par exemple :

« Mon mari fait attention à moi », « Je ne fais pas attention à mon mari », etc. Nous cherchons trois exemples authentiques dans lesquels chaque retournement est aussi vrai, ou plus vrai, que la pensée initiale. Grâce à cette exploration, il n’aura pas besoin de faire attention à moi pour que je me sente connectée à lui, pour que je fasse l’expérience de l’amour. Cette personne n’a pas non plus besoin de faire le Travail. Si c’était le cas, le problème serait lié à ses propres pensées. L’investigation est très personnelle.

Je voudrais préciser que le Travail n’est pas une recette miraculeuse qui nous éveille en un coup de baguette magique ! C’est une pratique méditative qui demande du recueillement.

 

Malgré votre expérience d’éveil, avez-vous eu besoin de pratiquer le Travail ?

 

Il est vrai que mon expérience d’éveil a été instantanée, et s’est passée hors du temps, dans une sorte de fulgurance. Mais, afin de maintenir cette expérience radicale dans la durée, de l’enraciner, j’ai effectivement dû faire le Travail. Il m’a permis de garder en moi un espace pour accueillir la joie et l’amour, tout en vivant dans le monde. L’amour inconditionnel fait très peur ! Lorsque l’amour nous dit « bonjour », il faut que nous soyons en mesure de lui répondre « bonjour », et non de détourner la tête.

L’investigation de nos pesées nous donne la chance de nous connecter à notre cœur. Pendant plus de trois ans, après avoir pratiqué cet outil avec une grande constance, j’ai réalisé qu’il avait pris la place de mon mental. L’investigation se produisait à tout moment, de sorte que mes pensées stressantes se déterminaient en moi non pas par un point, mais par un point d’interrogation, une ouverture. Cela peut se passer de la même manière pour chacun d’entre nous. Sur ce plan, nous sommes tous égaux, car nos réponses viennent toutes de la même Source.

 

Parmi les fruits de ce Travail, il y a l’ouverture du cœur…

 

Oui, en nous reconnectant à notre vraie nature, il n’y a rien que l’on ne puisse aimer. Nous ne sommes plus séparés de ce qui nous entoure, de l’ensemble du vivant. Nous sommes unifiés. C’est cela l’amour !

 Dès lors, deux personnes peuvent s’aimer en se sentant Un seul être. Et même cinq personnes peuvent s’aimer comme si elles étaient Une seule personne ! C’est une expérience qui n’a aucune limite.

Je pense que toute méthode ou voie spirituelle sérieuse menant à cet état est un bon chemin pour y parvenir. J’aime le Travail parce qu’il ne s’oppose à rien. Il est direct et hors de toute école de pensée. Il repose uniquement sur quatre questions, qui ne demandent même pas qu’on y réponde. Il suffit de méditer sur elles, et de tendre l’oreille pour entendre ce qui monte en nous. On s’arrête, on questionne ce que l’on croit, et on écoute ce qui vient.

 

Cette quête de la vérité est une réponse à la souffrance ?

 

Oui. Je suis convaincue qu’il y a un moyen de résoudre la souffrance, et que la clef de la liberté se trouve en nous-même. Mais cette liberté ne va pas hurler pour sortir. Pour trouver la paix et l’amour, nous devons entreprendre ce Travail, nous connecter à notre vraie nature, qui est l’amour. Ce qui est essentiel vient nous éveiller, nous illuminer.

Nous découvrons alors qu’être en silence ou parler avec quelqu’un est une seule et même expérience de présence à ce qui est. Il est vain de se disputer avec ce qui est, c’est comme essayer d’enseigner à un chat d’aboyer ! Vous pouvez continuer toute la vie, à la fin le chat vous dévisagera en faisant « miaou ».

Les gens exigent que le monde change avant qu’ils puissent arriver à la paix. Mais la paix ne vient jamais de cette façon. Quand notre mental s’éclaircit, alors le monde n’a plus besoin de changer pour que nous nous sentions heureux. Lorsqu’un individu travaille sur les causes de sa souffrance, c’est un acte extraordinaire, car c’est une personne en colère de moins dans le monde, et donc cela change le monde. Quand notre mental change, le monde change. Un esprit clair agit pour la guérison du monde.

 

Vous aimez à nous rappeler que « nous sommes l’amour de notre vie, quand personne d’autre n’est là »…

 

C’est vrai… lorsque l’on cesse de rechercher de l’approbation à l’extérieur, on observe que l’on peut ressentir de l’amour pour soi-même. En faisant cette expérience, on réalise que cette approbation existe déjà en nous. L’amour est ce que nous sommes. L’amour voit que nous sommes parfaits…

Le mental aime voyager dans des contrées lointaines, en dehors de lui-même, pour trouver ce qui lui manque… mais en réalité, il ne le trouve jamais.

La conscience de soi nous permet de vivre une histoire d’amour avec nous-même. Nous devenons alors notre propre ravissement. C’est magnifique ! Regardons comme nous sommes beaux, aimables et aimants !

 

 

Pour aller plus loin : 

www.thework.com/francais/

quelques livres de Byron Katie : 

Les milles visages du bonheur - Aimer sans limites, que seriez-vous sans vos histoires ? - J'ai besoin que tu m'aimes : Est-ce vrai ?

 

 

 

Proposé par Dominique Bart

Rédigé par UCY

Publié dans #Spiritualité-philosophie

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