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N° 10
Janvier, Février, Mars
2009
par Dominique Bart
« En définitive, nous n’avons qu’un seul devoir moral, c’est de préserver de larges plages de paix à l’intérieur de nous-mêmes, une paix de plus en plus grande, et d’en faire profiter les
autres. Et plus nous possédons de paix en nous-mêmes, plus il y en aura dans ce monde agité. »
Etty Hillesum
Et maintenant - Quel est l’essentiel dans nos vies ? « A force de sacrifier l’essentiel pour l’argent, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel » Edgar Morin.
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Pourquoi jugeons-nous qu’une action est banale ?
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Joie de contempler la créativité de l’esprit
Mais si c’étaient les obstacles à vaincre qui permettaient à la conscience de grandir ! Si nous n’étions créés que pour ce défi ! …Le jeune s’interroge : « Au bout du
chemin qu’aurons-nous fait de nous ? », « Qui suis-je ? », « Quel sens à mon existence ? », « Comment choisir la vie ? ». C’est
d’être confronté à des obstacles qui va lui permettre de s’accomplir, c’est de se reconnaître responsable de lui-même et des autres qui va lui donner l’occasion de se réaliser. Stan Rougier cite
Christiane Singer : « il n’existe qu’un seul crime, c’est de désespérer du monde », « seule survivra la radicale folie de l’amour », « une voix
vous appelle : serais-tu d’accord pour prendre soin d’un petit espace de ce monde ? »
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L’œil de la nuque
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Regard sur la vie
« Ne laissons pas mourir le feu »
Sœur Emmanuelle : « l’homme doit marcher les yeux dirigés vers l’avant. Tout ce qui est en arrière, c’est fini. C’est mort, ce sont des feuilles mortes. Je veux vivre, je ne veux pas rester sur un passé de douleur et de pleurs, je veux être celle qui partout où elle passe a dans le regard, sur son visage, la petite étincelle que Dieu a déposée dans son cœur. »
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Reportage
L’Eco site d’Avallon
La création en 1979 du Centre bouddhiste de Karma Ling a réanimé sur ce territoire savoyard un lieu qui depuis le Moyen Age est dédié à la vie spirituelle.
C’est en 1173 que fut fondée la chartreuse de St Hugues d’Avallon, cette mémoire chrétienne du lieu donne à l’Institut une tonalité toute particulière. C’est le lieu de rencontre de toutes celles et ceux qui aspirent à la quête spirituelle… Avallon est l’île mythique de la légende Arthurienne, un aspect de la dimension universelle de la quête d’absolu qui fait écho à la voie du Bodhisattva, le chevalier d’éveil du bouddhisme. Le domaine d’Avallon qui abrite désormais l’Institut Karma Ling se situe à la confluence de deux filiations : l’une dont fait partie la quête du Graal et l’autre avec les grands maîtres du Tibet.
Visite de l’Institut Karma Ling avec Lama Lhundroup.
Entretien avec lama Denys Rinpoché
Supérieur de la congrégation bouddhiste Rimay, principal héritier spirituel occidental de Kalou Rinpoché. Il promeut une vision d’unité dans la diversité de toutes les traditions spirituelles authentiques. Très sensibilisé à la gravité de l’enjeu écologique, il se fait le relais d’une écologie holistique, réunissant écologie extérieure et intérieure : « la relation au monde est fondée sur la bonté du cœur et l’intelligence de l’interdépendance. »
Entretien avec lama Lhundroup - De la civilisation chinoise au Dharma !
« La voie du Dharma est fondamentalement une quête d’harmonie, où se retrouvent l’écologie intérieure en soi et l’écologie extérieure dans l’environnement » : Le Dharma ne peut pas se vivre en se repliant sur soi, au contraire, la voie nous porte vers le monde. « Il s’agit de se rencontrer, de coopérer, d’œuvrer en réseau, de se mailler, de construire une trame, un mycélium global avec les personnes de bonne volonté de la société civile, éthique et spirituelle. » Lama Denys.
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La vraie vie :
Se relier au Vivant
Philippe-Yacine Demaison : Il suffit de regarder l’état du monde social et économique, le désarroi et la confusion intérieure des personnes, la dégradation de la biosphère,
pour mesurer à quel point nous avons besoin de reconsidérer notre relation au Vivant. Notre société moderne est terriblement mortifère. Elle va jusqu’à manipuler les gènes de la vie afin de
modifier les schémas fondamentaux de la création. Parvenus à ce stade, nous pouvons constater que le lien de conscience et de reconnaissance intime qui unit l’homme au Vivant –à l’énergie
originelle de l’existence -s’est considérablement affaibli : « Pour favoriser cette relation au Vivant, d’abord la louange, interpellons le Vivant avec sincérité par la prière, le
chant, la danse, l’invocation, le silence – debout, assis, couché – toujours et partout. Et rappelons-nous une chose essentielle : l‘homme est un pont entre le Ciel et la Terre, Sa noblesse
est dans l’amour qu’il incarne. Dans et par le Don. »
« A l’intérieur du cosmos, au sein de l’univers se trouve un trésor. Il se cache à l’intérieur du corps humain. »
maître zen Ummon
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« C’est Dieu qui joue tous les rôles »
Rencontre avec Ramesh Balsekar
C’est en 1978 alors qu’il vient de prendre sa retraite de directeur de la Bank of India que Ramesh Balsekar rencontra son guru, Shri Nisargadatta Maharaj, un maître de l’advaîta védanta, dont il
deviendra le successeur. Voici l’écho d’un satsang, un embarquement sur la planète advaita, celle de la non-dualité, où dans leur radicalité sans concession, les réponses de Ramesh renvoient
chacun à son être essentiel, à sa manière d’être au monde : Qu’est-ce que l’illumination ? C’est l’acceptation totale du concept que tout ce qui survient arrive en accord avec la loi
cosmique… ce que l’illumination m’a apporté c’est ce que j’appelle la paix de l’esprit. Qu’est-ce que ‘je’ dois faire pour que l’acceptation intellectuelle que ‘je’ n’est pas l’agissant devienne
totale ? …Rien….
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Mourir guéri ?
René-Claude Baud : Jésuite, professeur, devenu soignant de nuit pendant vingt ans à l’association Albatros, évoque ce qui l’a éveillé au cours de son cheminement
spirituel : « cette rencontre avec les malades, les mourants livrés à leur angoisse. Par eux, c’est l’entrée dans une relation réelle, dans une réalité humaine et spirituelle
où l’intime de l’homme ne craint en vérité plus de se donner à voir. » C’est le début pour lui d’une croissance intérieure qui, dit-il, s’est faite à son insu, hors des artifices de la
religiosité, par le retour aux racines de la solidarité. Il nous donne quatre repères dans l’acquisition d’une santé spirituelle, sur la façon de traiter notre corps physique, psychologique et
spirituel :
« Il y a d’abord la générosité de la nature… puis il y a la découverte de la merveille du corps… un troisième élément c’est d’accepter de prendre de l’âge… un autre point est de prendre de la distance par rapport à la médecine… le dernier point, je l’appellerai la vigilance à nourrir notre être intérieur. »
« Mourir guéri ? Guéri de Quoi ? Guéri de ce qui m’empêche d’être présent à la Présence. »
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