Les confusions : Ce que personne ne dit jamais

Publié le 23 Janvier 2019

Les Carnets du Yoga

 

octobre 2018 - N° 370

 

Extrait de conférence faite à Zinal en Suisse, en septembre 1976 par Nil Hahoutoff

 

Tous les esprits même les plus brillants ont cette propension à la confusion.

La cause de ces confusions se trouve dans l’imperfection de notre instrument pensant plus ou moins apte à véhiculer une idée limpide en provenance de nos expériences vécues. C’est ainsi que, nous découvrons en nous des peurs de crabes et d’agressivité d’écrevisses.

 

Le premier point que nous enseigne le yoga : ne jamais réagir mais toujours agir.

Dans le yoga, on enseigne de compter jusqu’à trois avant de prononcer une parole ou de commencer la moindre action.

 

La colère :

La colère c’est toute forme d’irritation qui ne tient pas compte de la cause véritable en nous-même et qui rend coupable de cette irritation quelqu’un d’autre. La colère pousse à accuser l’autres, à le combattre, à exercer sur lui une pression. La colère est totalement improductive.

 

L’avidité :

La nature véritable de l’avidité, c’est un profond sentiment de dévalorisation et une aspiration impérieuse à se valoriser. C’est lorsque l’acquisition paraît valorisante qu’il y a avidité. La tentative de se valoriser par la possession d’objets est la plus naïve qui soit et la plus décevante. Dès l’objet acquis, on a immédiatement besoin d’un suivant parce que le premier n’a pas apporté l’effet rassurant attendu.

 

La suffisance :

La suffisance n’est pas une appréciation exagérée de soi mais une totale absence d’appréciation. A la moindre confrontation avec la réalité, la suffisance est toujours douloureuse et la soi-disant sensibilité des susceptibles est tout le contraire de la véritable sensibilité. La véritable sensibilité s’émeut de la douleur des autres, pas des siennes propres.

 

L’humilité :

L’humilité n’est pas à confondre avec humiliation. Cette dernière est une émotion alors que le mot humilité est une vision, une connaissance. Dans le yoga, l’humilité c’est l’exacte appréciation de soi par rapport à l’univers.

 

La confusion :

La confusion, c’est-à-dire la propension à mélanger, à identifier les choses, des attitudes, des pensées qui ne doivent pas l’être, provient de la non agilité de l’esprit. La plus haute faculté de l’intelligence, c’est de séparer ceci de cela. Or sans cette faculté, aucune appréciation correcte, aucun jugement ne peut être fait.

 

Le jugement :

Le jugement doit être pris dans le sens d’appréciation et non pas dans celui de la condamnation. Si mon jugement n’est pas défini, ce n’est pas un jugement, c’est une expectative. Le jugement doit être rapide et sache être sans défaut, c’est-à-dire définitif. Le jugement ne s’applique pas à une personne.

 

Le détachement :

Le détachement c’est le désintérêt pour tous les objets de jouissance ; dans quelque état, monde ou condition que ce soit, étant donné leur nature impermanente. Il s’agit du désintérêt et non la renonciation à utiliser les objets de jouissance. Le seul détachement qui est en cause dans l’enseignement du yoga, c’est le détachement de soi-même. Son contraire, l’attachement est la recherche dans un objet ou une situation, une valorisation de soi-même. Celui qui a donné un sens à sa vie n’a plus besoin de valoriser sa personne.

Dans la ligne véritable du yoga, on peut être détaché de tout ce qui nous entoure et qui constitue la vie en général. Le détachement, ce n’est pas négliger sa famille, ses devoirs, ses engagements antérieurs. Celui-là fait preuve de son attachement à ses propres buts égoïstes. Celui qui est détaché de lui-même aime les autres. A ce propos, il y a un sûtra magnifique :

« Celui qui cherche Dieu ne le trouvera jamais. Mais celui qui s’éloigne

de soi-même au point de se perdre, Dieu le trouvera sûrement »

 

Proposé par Christophe Gonzalez

 

 

Résultat de recherche d'images pour "nil hahoutoff"A propos de l'auteur de ce discours :

Nil Hahoutoff est connu pour avoir mis au point une lignée de yoga à laquelle son nom a été donné, elle est toujours enseignée aujourd’hui. Sa pédagogie s’est construite en s’inspirant de sa rencontre en 1925 avec un hindou de l’Inde du nord : Hyran Moy Chandra Gosh (1845-1935). Originaire de Géorgie en Russie, Nil Hahoutoff quitte son pays lors de la Révolution de 1917 et s’installe en France.  Il a pratiqué la course de vitesse, la gymnastique sportive, le trapèze volant et la danse (dont il fera son métier jusqu'en 1939).

Son Maître, Hyran Moy Chandra Gosh lui a enseigné le yoga pendant une dizaine d’années. Son enseignement comprenait plusieurs pratiques : Hatha-Yoga (Kundalini Yoga, entre autres), Swara yoga (yoga du souffle), Jnana Yoga (yoga de la connaissance). Toute sa vie, il combattit pour promouvoir un yoga de qualité dans toute la pureté de ce qu’il avait reçu.

Nil Hahoutoff fut en 1972 l'un des cofondateurs de l’UEY - Union Européenne de Yoga, aux côtés de Claude Peltier, Roger Clerc, André Van Lysebeth. 

livre décrivant son enseignement : « la gymnastique évolutive » (édition le courrier du livre): disponible à la bibliothèque de l'UCY.

« Une des particularités essentielles de l’homme est cette fantastique possibilité qui est sienne « d’évoluer ». Devenir cet être humain à part entière, porteur de la plus haute forme de vie,

Voilà ce que le yoga propose à l’homme » Nil Hahoutoff.

Extrait du document "Hatha-Yoga" réalisé par l'UCY à l'occasion de la journée portes ouvertes 2018 sur le même thème.

 

 

Rédigé par UCY

Publié dans #YOGA

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