Mudras « jeu de mains »

Publié le 17 Avril 2013

 

Une pratique très utile pour conserver ou améliorer la souplesse des articulations des mains, autant que l’élégance du geste.

 

« LES CARNETS DU YOGA »

n° 314 / février 2013

 

par Rémy Chaloin

 

Symbolique de la main

Par le nombre de ses doigts, la main est reliée à la symbolique du nombre 5.

Le cinq est la somme des deux premiers chiffres, le deux et le trois. En Chine, le deux et le trois (la terre/féminin et le ciel/masculin) représentent l’union du yin et du yang. En Inde, le cinq est le principe de vie (mariage du féminin deux et du masculin trois), nombre de Shiva, transformateur, seigneur de l’univers. Le cinq est donc signe d’union, nombre nuptial, nombre du centre, de l’harmonie et de l’équilibre.

 

Symbole de pouvoir et de puissance (emblème royal), la main est aussi symbole de l’action différenciatrice.

 Nos deux mains, anatomiquement semblables, sont chacune unique et complémentaire dans leur action. L’une est passive en ce qu’elle contient, l’autre est active en ce qu’elle tient. Symboliquement, l’union de nos deux mains est la synthèse de notre féminin et de notre masculin.

Comme le souligne Annick de Souzenelle, « l’homme est appelé à réaliser l’unité en prenant à pleines mains ses deux « cinq »… Dans le dix, l’homme atteint la déification en retrouvant la source à laquelle se réintègre avec lui le cosmos entier ».

 

L’image de l’union des deux mains dans le geste de la prière (mains jointes, croisées, unies) évoque bien cette « reliance » à l’Etre, qui ne peut s’exprimer que par le silence intérieur.

 Dans l’union, il y a pénétration et fécondation. La signification de la main rejoint ici celle de la flèche. Elle rappelle que le nom Chiron, le Sagittaire (dont l’idéogramme est une flèche) vient du grec ancien cheir qui signifie main et aussi flèche.

 La flèche symbolise la pénétration de l’organe créateur lors de la fécondation. La main/flèche réalise sa fonction, si elle pénètre la matrice, la coupe dans laquelle elle doit s’enraciner, si le masculin pénètre le féminin.

L’union de nos deux mains représente la possibilité de se laisser pénétrer par l’Etre. Ce devenir dans l’union est notre chemin, notre exercice, lieu de notre transformation.

 

La main est associée à l’œil.

Le verbe hébreu yada (connaître) est construit sur la racine yad (la main) à laquelle s’ajoute la lettre ayin (qui veut dire l’œil). La main et la vision sont étroitement liées. Outre que le regard se porte vers ce qu’explore la main, assurant un contrôle visuel, toucher c’est aussi voir, c’est « la connaissance qui libère ».


Fiche yoga n° 82

 

Présenté par Catherine Cuney

 

 

 

Rédigé par UCY

Publié dans #Spiritualité-philosophie

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