Les sceaux de l’énergie : Les Bandhas

Publié le 30 Juillet 2014

Revue Esprit

N°7 – mai-juin 2012


D’après un texte de Sreemati


LES BANDHAS, pratique d’une posture à la loupe : réservé aux initiés.

 

Avec un peu d’entrainement, la pratique des trois bandhas permet de retenir l’énergie qui nous vient du souffle et de la diffuser dans tout le corps.

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Le prâna, énergie impalpable

Le prâna est cette énergie présente partout autour de nous.

 C’est la force vitale de l’univers qui nous construit, nous anime. Il nourrit notre corps matériel, mais aussi nos corps plus subtils. Il donne vie à la matière.

Les sources du prâna se trouvent en premier lieu dans l’air que nous respirons, mais également dans les trois autres éléments :

 l’eau (lacs, rivière, mers) ; la terre à travers les forêts et les aliments qu’elle produit ; le feu (lumière et chaleur) avec le soleil. A l’intérieur du corps, le prâna circule notamment dans les nadis, l’équivalent des méridiens de la tradition chinoise.

 

Un bijou finement  travaillé

Nous respirons et nous nous oxygénons de manière automatique.

 La respiration est une nécessité vitale pour l’organisme, qui est conçu pour respirer pendant le sommeil et même quand nous sommes évanouis ou dans le coma.

La pratique du Pranayama est un vrai travail de conscience et d’affinage du souffle.

 C’est un peu comme transformer de l’or brut en un bijou finement travaillée et ciselé. Le Pranayama permet ainsi de distribuer et d’exploiter la matière première qu’est l’air, afin d’utiliser le potentiel infini de notre corps en vue d’expérimenter des états méditatifs plus profonds.

 

Garder l’énergie en nous

Le bandha, terme que l’on peut traduire par « sceau », « scellé » ou « ligature », représente un aspect fondamental du Pranayama.

 Les bandhas sont le résultat de la contraction de certains muscles, de la fermeture de certains passages. Le but de ces sceaux est d’utiliser et de faire circuler de manière optimale l’énergie absorbée par la respiration. Le corps physique se purifie peu à peu. On peut combiner les bandhas avec certaines postures (maha mudra) et même avec certaines pratiques. Mais  c’est au sein de l’exercice du contrôle du souffle » qu’ils prennent tout leur sens. Leur pratique s’adresse à un public averti, car leurs effets sont puissants et subtils. Elle peut s’avérer déplacée si les corps physique et énergétique ne sont pas prêts. Ceci est à voir avec votre enseignant de yoga.

 

La pratique

Les trois bandhas sont mula bandha, « le sceau du périnée », uddyana bandha, « le sceau du diaphragme », et jalandhara bandha, « le sceau de la glotte ». Chaque ligature possède une signification spécifique et apporte des effets différents. Mais c’est la pratique simultanée des trois bandhas qui permet de maintenir et d’utiliser l’énergie à l’intérieur du corps et qui produit les effets les plus intenses et les plus transformateurs.


Mula Bandha

Asseyez-vous dans une position confortable. Même si vous êtes souple, placez un support sous les fessiers afin d’avoir les genoux plus bas que l’articulation de la hanche.

Placez maintenant votre conscience sur muladhara chakra : c’est l’espace situé entre les organes génitaux et l’anus qui est appelé le centre tendineux ou plus communément « périnée ». Dans cette zone, de nombreux muscles du plancher pelvien viennent se croiser.

Pour activer mula bandha, contracter cette zone vers le centre et le haut du corps (mouvement centripète). Sentez que vous tendez et remontez le « hamac » du bas, comme s’il était tiré vers le cœur. Vous pouvez vous aider en visualisant un fil accroché au périnée que vous tirez vers le haut, une ventouse qui tout en étant adhérente au sol est aspirée vers le haut. La sensation est celle d’un allégement, d’un « soulèvement » à l’intérieur du bassin.

Energétiquement, les portes du bas du corps sont fermées, la puissance et la force des deux premiers chakras sont dirigées vers le haut du corps, moins en contact avec la Terre.

Symboliquement, c’est le début de la transmutation des énergies vitales en énergies plus subtiles. Pour pratiquer correctement cette technique, vous devez avoir éveillé la région du plancher pelvien et savoir la mobiliser.

Il est important d’arriver à travailler cette zone en la dissociant : du mouvement du bassin (rétroversion ou antéversion), de la contraction volontaire des abdominaux, des fessiers et d’une phase respiratoire (inspiration ou expiration).

 

Uddyana Bandha

Toujours assis dans une posture confortable, faites monter la cage thoracique en activant puissamment les muscles élévateurs des côtes. La montée du thorax a pour effet d’étirer physiquement la sangle abdominale qui s’attache du bassin aux côtes. Les viscères étant adhérents au diaphragme, elles remontent avec celui-ci, créant une sensation d’aspiration du ventre.

Pour intensifier ce bandha, cherchez à plaquer la peau du ventre contre le dos, vers la colonne. Sentez que la région du dos monte également. Vous percevrez beaucoup plus l’aspiration et la remontée en apnée pouvons vides que poumons pleins. Pour le novice dont les muscles thoraciques ne sont pas suffisamment entrainés, l’élévation est difficilement perceptible. Souvent, pour avoir cette sensation d’élévation des côtes, le débutant creuse le dos en gonflant la poitrine, ce qui n’est pas le mouvement recherché.

Dans un deuxième temps, vous sentirez l’élévation des côtes, mais vous ne pourrez pas la garder très longtemps. Plus encore que dans asanas, travaillez le mouvement avec soin et une écoute subtile. N’essayez pas de forcer, ce serait comme vouloir tirer sur un jeune plant pour qu’il pousse plus vite !

 

Variante : Uddyana Bandha en position allongée

Dans un premier temps, vous pouvez travailler uddyana bandha en position allongée. Allongez-vous sur le dos en gardant en contact les jambes et en étirant les bras au-dessus de la tête pour vous aider à élever la cage thoracique. Accepter que la colonne s’éloigne du sol, puis, avec la pratique, cherchez à réduire l’extension du dos en sentant que la cage thoracique s’élève au niveau du dos.

 

Jalandhara Bandha

Vous êtes toujours assis. En « allongeant » le dos depuis le sacrum, descendez le menton vers la région haute du sternum en créant un étirement de la région cervicale. Ce mouvement de cou entraîne une fermeture de la glotte empêchant tout passage d’air vers le haut. Cherchez également à ramener le menton vers l’arrière, comme si vous reculiez la tête. Vous pourrez observer que, durant l’apnée poumons pleins, la pression intracostale reste ainsi relativement constante et se maintien au niveau de prana vayu. (Le «siège» de ce vâyu est le plexus cardiaque, relié à Anahata chakra. Il est associé à l’élément air).

Si la colonne manque d’étirement, la flexion de la nuque entraînera une tension excessive dans la région dorsale, voire une flexion de la colonne dorsale, ce qui n’est pas recherché. Vous devriez pouvoir vous sentir aussi détendu que si le menton se posait délicatement au niveau de la fourchette sternale.


Les trois Bandhas

Quand vous sentez que vous maîtrisez suffisamment les gestes et les contractions propres à chaque Bandha, vous pouvez les inclure à votre pratique du Pranayama. Vous pourrez les actionner simultanément et en ressentir les effets de manière plus intense.

La pratique des Bandhas nous conduit vers une dimension plus vaste du yoga.

Leur activation part de la connaissance et de la maîtrise du corps physique (contractions de nombreux muscles), pour agir sur un plan énergétique selon un ordre symbolique :

Aller de la Terre vers le Ciel, à savoir quitter l’identification au corps

pour découvrir la partie en nous qui baigne dans la joie et la conscience pure.

 

 

 

Proposé par Dominique Bart

Rédigé par UCY

Publié dans #YOGA

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