La solitude, communion avec le mystère intérieur

Publié le 2 Octobre 2013

Sources

N° 23    Juillet /Août/Septembre 2013


D’après un article de Marie-Madeleine Davy


Après avoir beaucoup voyagé, enseigné, côtoyé nombre de penseurs et d’écrivains, Marie Madeleine Davy a opté au cours de ses dernières années pour une vie solitaire.

 

 

Pour être spirituellement fructueuse,

la solitude extérieure nécessite de se déployer à l’intérieur ;

elle procure la joie par la communion avec l’Absolu.

Il existe autant de formes de solitude que de sujets pour tenter de la vivre ; il serait faux de croire à l’uniformité de l’existence solitaire. L’accès à la solitude extérieure doit résulter d’un choix délibéré. Mis à part des cas exceptionnels, l’option pour la solitude ne saurait concerner des jeunes gens ou encore des individus d’âge mûr. C’est à la fin de l’existence qu’il est possible de la privilégier. Elle revêt plusieurs sens : vivre seul, rencontrer très rarement quelqu’un, absence de visites, lutte contre le vagabondage des pensées et les distractions venant du dehors.


Les écueils


Le solitaire qui pense trouver le repos se trompe : il va devoir affronter des zones d’ombres qu’il n’a jamais pu évacuer durant son existence.

Le solitaire pourrait se croire supérieur car il semble se suffire d’où la naissance d’un orgueil puéril ; il doit détruire le goût de se comparer à autrui et enlever tous les masques dont il a pu s’affubler durant son existence.

Il n’a pas à se prendre pour un donneur de conseils, et doit se dégager des souvenirs se rapportant à l’enfance, à la jeunesse et à la maturité, et opter pour une vie totalement neuve.

Il doit se maintenir dans un état constant de veille et de vigilance.

Le solitaire s’adonne à la réflexion et à l’étude ; c’est son labeur quotidien maintenu avec fermeté. Certains textes peuvent être une aide efficace, par exemple, les paroles de Jakob Böhme :

« Lorsque tu te tiens dans le repos du penser et du vouloir de ton existence propre, alors l’ouïe ; la vue et la parole éternelles se manifestent en toi et Dieu entend et voit par toi »

«  Là où le chemin est le plus rude, vas-y. ce que le monde rejette, prends-le. Ce qu’il fait, ne le fais pas. »


Nouveauté de l’instant présent


La véritable solitude donne accès à une dimension inconnue. La nouveauté instaurée par la solitude apparaît comparable à un décès ; d’une certaine façon, une forme de mort est derrière soi ; Etre solitaire suppose un abandon du passé et aussi de tout avenir.

Et l’accès au moment présent favorise la liberté et l’équilibre. En se quittant lui-même le solitaire s’aperçoit que plus il se vide de l’inutile, plus il devient le frère de toutes les créatures. Il s‘agit de sortir de soi, de se quitter, de faire le vide ; mais ce vide appelle le plein ; cette plénitude concerne l’accès à une autre dimension, peu importe le nom qui lui est donné.

Les exemples de solitude s’éclairent mutuellement en se complétant dans l’ampleur d’une identique orientation.

 La solitude permet l’irruption de l’Eternité dans le Temps,

à condition de la réaliser avec loyauté, lucidité et discernement.



 

Proposé par Christiane Delabre

Rédigé par UCY

Publié dans #Spiritualité-philosophie

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