DESHERBANTS, du poison dans le jardin

Publié le 19 Juin 2010

Quelle santé

N° 48 – avril 2010

 

Revue présentée par Monique Guillin

 

 

jardinier.jpgC'est l'un des hobbies préférés des Français. Délassant, relaxant, bon marché, ce loisir aurait presque tout bon si les jardiniers n'avaient pas la main aussi leste sur les produits polluants. Ils sont responsables d'un quart de la pollution des eaux de surface et utilisent 8% des pesticides du marché.

 

Le jardinage compte aujourd'hui 13 millions d'amateurs dans l'Hexagone... Si 89 % des foyers possèdent un espace de jardinage lié à leur habitat principal (61 % ont un jardin, 43 % une terrasse, 30 % un balcon et 49 % un rebord de fenêtre cultivable), les autres ne sont pas en reste pour manier la serfouette. Sans terre, ils investissent les jardins partagés ou les parcelles ouvrières. Un mouvement de jardinage politique né il y a une trentaine d'années à New York consiste à planter partout où c'est possible, surtout dans les endroits les plus délaissés des cités. Armés de sacs de terre, de plantes récupérées, de graines ou de légumes, les guerriers du jardinage interviennent la nuit et sèment en plein cœur de la ville...

Selon un récent sondage IPSOS, le jardinage n'est plus limité aux seniors. Il attire de plus en plus de jeunes. Il faut dire que cette pratique, non seulement ne coûte pas un radis, mais en plus elle possède des vertus thérapeutiques.

 

Dans le jargon médical, ça s'appelle  l'hortithérapie, une science de plus en plus appliquée dans le milieu hospitalier et dans les maisons de retraite. Les plantes sont un sujet de partage.

Dans son ouvrage « La thérapie par l'horticulture en France et à l'étranger », Suzanne Ménézo décrit les bienfaits du jardinage. Il permet de gagner estime et confiance en soi mais aussi d'apprendre la tolérance et la patience vis-à-vis des frustrations. Apprendre à supporter les inévitables frustrations dans le jardinage peut donc aider à mieux accepter celles qui surviennent dans la vie quotidienne.

 

Sur le plan de la forme « Le jardinage fait travailler les principaux muscles du corps, bras, jambes, épaules, abdomen, cou et dos », précise le Réseau canadien de la santé... Creuser, planter, biner permet de faire des étirements qui vont renforcer les muscles et le système cardiovasculaire et  aussi de perdre des calories... Outre-Manche, la green gym est un mouvement de gymnastique qui invite les participants à jardiner l'espace public... et selon les thèses du médecin William Bird, permet de réduire de moitié le risque d'infarctus et d'accidents cardiaques, développe la force musculaire, permet de chasser le stress, l'anxiété et de combattre la dépression.

 

Le revers de la binette : Aujourd'hui, la moitié des jardiniers amateurs ont recours aux pesticides de manière régulière. Si le nombre de matières actives autorisées pour le jardinage est plus restreint que pour les agriculteurs, elles n'en demeurent pas moins dangereuses pour l'environnement. Le jardinier du dimanche a l'exécrable habitude de désherber chimiquement une surface imperméable – allée gravillonnée, pied d'un muret, trottoir – et donc de laisser ruisseler sur le sol les matières actives jusqu'aux fossés les plus proches. Il rince souvent son pulvérisateur à l'eau claire au-dessus d'un évier ou d'une voie d'écoulement des eaux en oubliant qu'après la pelouse, le fossé... il y a ou une rivière ou une nappe souterraine.

Les programmes des Nations Unies pour l'environnement estiment qu'un quart de la pollution des eaux de surface et des nappes souterraines provient du jardinage amateur.

Sur le plan sanitaire, le jardinier n'est pas prudent et se protège rarement, surdose souvent... et s'empoisonne à petit feu, peut être aussi davantage touché par la maladie de Parkinson, les lymphomes, les cancers divers, être moins fécond.

Heureusement, les jardiniers amateurs sont de plus en plus écolo !

Rédigé par UCY

Publié dans #Environnement-écologie

Repost 0
Commenter cet article