« Ethique et vacuité au cœur du management »

Publié le 13 Septembre 2017

 « SOURCES, pour une vie reliée »

 

N° 36 - Octobre, novembre, décembre 2016

 

Extraits de l’entretien avec Laurent Ledoux - Propos recueillis par Nathalie Calmé

Laurent Ledoux est actuellement PDG d’EuroActiv.com en Belgique.

 

Vous citez les paroles de Maître Awa Kenzo, maître du tir à l’arc :

"C’est au plus haut degré de concentration que la flèche jaillit : c’est le parfait non vouloir qui a réalisé le tir, le but est atteint de surcroît".

Comment vivre un tel enseignement dans un contexte professionnel ?

 

Laurent Ledoux :

Comme le samouraï vivait le non-agir, cela ne consiste pas à ne rien faire mais à être dans la posture du non attachement et du non aveuglement par rapport aux actions que nous menons. Avec les arts martiaux, je pratique la méditation. Des sessions de méditation organisées pour le personnel n’est pas du temps perdu. Au contraire, ces pratiques contribuent à un changement profond de l’organisation en apportant plus de paix, de sérénité.

Une autre manière de vivre le non agir au niveau managérial est de se rendre utile. Lao Tseu, en 650 avant notre ère disait que le meilleur leader est celui dont personne ne connaît l’existence. Si on entame cette démarche de façon authentique dans le seul but de créer un environnement de travail harmonieux, des choses formidables peuvent en découler.

A quoi visez-vous dans votre entreprise de manager ?

 

Laurent Ledoux :

Personnellement, c’est pour un management qui relie que j’essaie d’œuvrer. Je viens de reprendre la direction d’une organisation qui était gérée de manière très autocratique. Les personnes travaillaient les unes à côté des autres mais n’échangeaient pas à propos de la gestion de l’entreprise. Ce sont souvent des petites choses qui empêchent l’énergie de circuler dans l’entreprise. Une de mes tâches à mes yeux la plus importante est de contribuer à la circulation de l’énergie au sein de l’entreprise.

Quel est votre défi en tant que manager, à la fois athée et engagé spirituellement et pourquoi ressent-on parfois un sentiment de solitude ?

 

Laurent Ledoux

Ce sentiment de solitude est peut-être exacerbé chez les managers car ils ont des responsabilités qui les conduisent parfois à prendre des décisions difficiles. La pratique spirituelle permet de sortir de cette expérience difficile, car elle nous apprend à considérer que nous ne sommes pas séparés du tout et que la vie est un flux. Si nous arrivons à prendre conscience de cette réalité, la notion de solitude s’estompe. Le travail sur soi fait tomber les barrières.

Selon vous, un individu demeure-t-il incomplet s’il n’est pas complété par un engagement social ? Et réciproquement, tout engagement social est-il incomplet s’il n’est pas accompagné d’une pratique spirituelle ?

 

Laurent Ledoux :

La spiritualité permet de mettre à distance par rapport à un engagement social. Cela nous empêche de nous illusionner sur l’importance toute relative du combat que l’on mène. A l’inverse, l’engagement social permet de ne pas se focaliser sur notre moi. Nous avons besoin des deux, du social et du spirituel. Ces deux dimensions ne sont pas juxtaposées, elles peuvent s’épauler et s’aider mutuellement. L’engagement spirituel authentique conduit toujours à une plus grande lucidité sur la réalité sociale. La spiritualité peut être aussi un lieu de ressourcement pour les personnes engagées socialement. A l’inverse, l’engagement social peut être vécu comme une pratique spirituelle.

Laurent Ledoux est actuellement PDG d’EuroActiv.com en Belgique.

 

Proposé par Christophe Gonzalez

Rédigé par UCY

Publié dans #Spiritualité-philosophie

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Caroline LAPPERT 06/10/2017 16:07

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J'enseigne le Yoga en Suisse et parfois je mets un mot dans Google aujourd'hui il m'a emmené à la découverte de votre site merci. caroline