La méditation dans le bouddhisme originel

Publié le 17 Mai 2017

Le journal du yoga

 

Avril 2017 - n° 182.

 

 

De Erik Sarlé

 

Erik Sarlé raconte son voyage en Birmanie où il a rencontré des moines bouddhistes qui pratiquent la méditation ancienne depuis le XIe siècle.

A Bagan, appelée anciennement Pagan, il rencontre un ancien pilote de l’armée américaine devenu moine bouddhiste. Le pilote évoque la distinction entre la voie de samantha ou la concentration et vipassana, l’investigation. Il affirme que la pratique samantha donne plusieurs pouvoirs dont celui de lire les vies passées. C’est pour cela que les moines bouddhistes croient en la réincarnation.

 

 

La concentration (samantha) et l’investigation (vipassana)

 

Vipassana a souvent été traduit en anglais par mindfulness ou pleine conscience. Mais ce n’est qu’une partie de l’expérience des moines qui méditent depuis des siècles.

Samantha et vipassana se complètent. La concentration permet de fixer l’esprit qui devient fluctuant. L’investigation permet de percer le voile de l’illusion en percevant les mécanismes du moi.

Dans la pratique samantha, le méditant a le choix entre 40 supports sur lequel il fixera l’attention de l’esprit. Il y a d’abord les dix kasinas.

Les kasinas de base sont liés aux quatre éléments : la terre, l’eau, le feu et le vent. Puis la concentration est portée sur les couleurs : le bleu, le jaune, le rouge et le blanc. Enfin, la méditation est portée sur la lumière et l’espace qui amène vers une approche du sans forme.

D’autres supports de méditation sont intéressants comme les quatre joyaux : la bienveillance, la compassion, la joie et la sérénité.

 

Les jhana :

 

Avec le développement de la concentration, il peut apparaître un signe dans l’esprit. Ce signe devient le nouveau support de méditation. Puis un second signe peut apparaître dans l’esprit qui devient à nouveau l’objet de la concentration. Le disciple pourra atteindre les différents états d’absorption intérieure que l’on appelle les jhana. Dans le bouddhisme ancien, il y a 8 jhana. Ils conduisent vers des états successifs représentant un degré de jouissance, de beauté et d’émerveillement toujours plus grand. Cependant, l’état le plus élevé n’est pas le nirvana.

 

Vipassana :

 

Pour connaître le nirvana, il est nécessaire de suivre la voie de l’investigation (vipassana). L’investigation consiste à voir le fonctionnement de notre esprit, les mécanismes du moi, à investiguer les racines de l’illusion et à réaliser l’origine de la souffrance.

La souffrance qu’il s’agit de guérir est profonde et originelle et se trouve à la racine de la condition humaine. Grâce à vipassana, la méditation finit par réaliser la nature de l’esprit.

 

Réaliser nirvana, c’est comme poser une lourde valise inutile que l’on transporte

partout avec soi.

 

Nirvana défait l’illusion à sa racine. Selon la parole du Bouddha, le nirvana est la cessation de la souffrance. Le véritable éveil est complètement dénué du moi. Il n'y a donc personne pour le vivre et en jouir, personne pour proclamer « j’ai vécu l’éveil ».

 

 

Christophe Gonzalez

 

 

Rédigé par UCY

Publié dans #Spiritualité-philosophie

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