Dépolluer l'air des villes ; Le rôle de l'arbre urbain

Publié le 19 Avril 2017

Plantes & santé

N° 177 - mars 2017

 

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la pollution de l'air tuerait 3,7 millions de personnes par an. Face à ce fléau qui asphyxie les villes modernes, que peuvent les arbres ? Comme le colibri qui verse de l'eau sur la forêt en flammes, l'arbre en milieu urbain « fait sa part », modeste, mais non négligeable. Explications.

 

Cet hiver a été marqué par de nombreux épisodes de forte pollution atmosphérique en France. La capitale et d'autres régions françaises se sont retrouvées dans d'épais nuages de particules fines. Crises d'asthme, allergies et autres affections cardio-respiratoires...

Les citadins les plus sensibles ont ressenti davantage de gêne pour respirer.

Les villes françaises qui concentrent 77 % de la population, se doivent donc d'étudier à la loupe des solutions durables permettant d'assainir l'air. Parmi elles, la plantation d'arbres. En effet, l'ONG environnementale américaine Nature Conservancy a étudié l'impact sanitaire des arbres dans 245 villes dans le monde : dans leur rapport de 2016, elle conclut qu'en investissant à peine 4 dollars (3,6 euros) par habitat, dans la plantation d'essences boisées, ces villes pourraient sauver entre 11000 et 37000 vies par an.

 

Les études sur l' « arbre urbain » montrent qu'il ne se contente pas d'absorber le CO2, dont il prélève le carbone pour croître, avant de relarguer l'oxygène. Par ses stomates, sortes de minuscules orifices présents sur les feuilles, il absorbe aussi certains polluants gazeux tels que le dioxyde d'azote et l'ozone. De plus, la cuticule cireuse de son feuillage piège des molécules lipophiles ou de haut poids moléculaire comme les composés organiques volatils (COV)... Des particules fines vont aussi s'accrocher aux feuilles, et ce d'autant qu'elles sont rugueuses, poilues ou cireuses. Enfin, divers polluants entrent dans l'arbre urbain via ses racines, après dégradation par les micro-organismes et solubilisation dans l'eau du sol.

 

Les feuilles caduques font mieux

Cependant, cette captation par la végétation semble assez modeste. En effet, pour ce qui est des particules fines, leur piégeage par les feuilles n'est souvent qu'une étape transitoire : elles peuvent ensuite se déposer au sol, être remises en suspension, notamment en cas de vent fort, ou encore être lessivées par les pluies.

 

De nombreuses études ont été réalisées, et celle publié dans Science Express en 2010 a montré que l'on sous-estimait le pouvoir des arbres, établissant que des peupliers pouvaient absorber jusqu'à 4 fois plus de COV que ce qui était alors affirmé ; en effet l'arbre aurait la capacité d'augmenter sa production d'enzymes de transformation des polluants lorsque ces derniers augmentent. En outre, il ne suffit pas de planter des arbres pour qu'ils assainissent l'air, encore faut-il le faire au bon endroit : le long des axes routiers, et à proximité des habitations, des écoles, des hôpitaux, etc.

 

L'importance des arbres pour la santé des citadins est désormais prise en compte en France. Les grandes agglomérations mettent en œuvre des politiques de végétalisation de la ville. La mairie de Paris prévoit de planter entre 2014 et 2020, 20 000 nouveaux arbres et de créer 30 hectares de jardins publics supplémentaires. L'agglomération de Lyon voit arriver 3 000 jeunes arbres par an, de 300 espèces différentes.

 

2017 sera-t-elle une année charnière à partir de laquelle les villes vont commencer à utiliser les arbres pour nettoyer l'air ? Il serait grand temps... sans oublier que certaines espèces sont très allergisantes.

 

Par Adeline Gadenne

 

Les particules au pied du mur

 

A Paris, des panneaux recouverts de végétaux intriguent beaucoup les passants. La ville teste en effet le « Citu Tree », un mur végétal composé de mousse naturelle qui absorbe le gaz carbonique, dioxyde d'azote et particules fines. Il capterait autant de CO2 que 275 arbres ! Equipé de panneaux solaires et d'un système de récupération d'eau de pluie, le dispositif ne nécessiterait que quelques heures de maintenance par an. Et une seule installation peut filtrer la pollution produite par 417 voitures.

 

 

 

Revue présentée par Monique Guillin

 

Rédigé par UCY

Publié dans #Environnement-écologie

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