Guy Corneau : une lumière s’éteint.

Publié le 28 Janvier 2017

 

C’est avec tristesse que nous avons appris le décès de Guy Corneau. Célèbre psychanalyste québécois, auteur et conférencier à succès.

 

L’un de ses livres s’intitulait « Revivre », écrit en 2007, à l’époque où il luttait contre un cancer, dont il s’était entièrement remis. Cette fois, malheureusement, la volonté de Guy, sa joie de vivre et son talent n’auront pas suffi. Son cœur aurait lâché dans l’après-midi du 5 janvier. Il était dans un état de grande affliction, ayant perdu, deux semaines plus tôt, sa sœur dont il était très proche. Il laisse derrière lui un fils de 5 ans et une épouse à qui vont toutes mes pensées.

 

C’était un homme de contact à la sensibilité rare et originale. Il s’est fait connaître à la fin des années 80 pour ses travaux sur la paternité et son travail pour les hommes. Favorable à l’éclosion d’une virilité sensible adaptée aux défis du monde d’aujourd’hui, il a accompagné et aidé de nombreux hommes en créant des groupes de paroles pour hommes. Il a ainsi contribué à les aider à formuler leurs difficultés et exprimer leurs émotions dans le but de mieux pouvoir y répondre. Guy était un homme libre et généreux et en l’écoutant, en échangeant avec lui, on avait envie de le devenir également. Tel était son charisme et sa force d'entraînement.

 

A travers différents livres, notamment « Père absent, fils manqué », Guy a souvent expliqué que l’un des grands dilemmes de sa vie aura été le conflit avec son père sur la voie professionnelle à suivre. Guy voulait faire du théâtre. Son père voulait qu’il fût professeur à l’université. Issu d’un milieu simple, le père de Guy n’avait pas pu aller à l’université. Que son fils puisse refuser d’y aller, d’épouser une carrière universitaire alors qu’il en avait les moyens intellectuels et financiers, lui paraissait incompréhensible. Dans Revivre, Guy raconte que son père lui a dit : « Nous n’avons pas fait autant de sacrifices pour te voir devenir artiste, mon garçon. Nous voulons le meilleur pour toi et, de toute évidence, tu as l’intelligence nécessaire pour continuer tes études ». Guy a opté pour un compromis original : il n’est pas devenu comédien, mais psy !...

 

Il aura, in fine, suivi un parcours universitaire très riche avec un premier cycle en communication, un deuxième en science de l’éducation et un doctorat au sein de l’Institut C. G. Jung de Zurich. A cette époque (1977), il est persuadé qu’il doit exercer en tant que psy pour pouvoir vivre, tandis qu’il prévoit d’exercer sa vocation de comédien en parallèle. Mais finalement la passion de la compréhension du psychisme humain l’emporte ! Et parce que la vie est faite de mystères et qu’elle nous rattrape toujours, Guy est aussi devenu conférencier international de grand talent. Sa vocation de monter sur les planches s’est bien réalisée, non pas en tant que comédien mais en tant que conférencier. Et pour son père avec qui il s’était réconcilié, c’était un peu comme s’il était devenu professeur !

Ses conférences étaient des shows généreux où l’on découvrait l’univers de la psychanalyse Jungienne comme nulle part ailleurs. En l’écoutant à l’automne dernier, je m’étais dit « seul un grand comédien sait donner au public de telles prestations ! ». Chapeau l’artiste ! Merci Guy.

Augustin de Livois

pour aller plus loin :

disponible à la bibliothèque : Livres de Guy CORNEAU,  « La guérison du cœur », « Le meilleur de soi »

 

 

Rédigé par UCY

Publié dans #Spiritualité-philosophie

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