La vie après la vie, Quelques aperçus d’orient et d’occident - 1ère partie

Publié le 16 Novembre 2016

Les Carnets du Yoga

Septembre 2016 – N°349

D’après un article de Rémy Chaloin

1ère partie -

Une vie après la mort est reconnue, manifeste, quoique entourée de mystère, dans les croyances religieuses. Or les religions font parties intégrantes de toutes les civilisations, avec souvent l’évocation d’un « au-delà » mythique, peuplé d’anges favorables ou de terrifiants démons auxquels l’âme, le double ou l’esprit de l’individu sera confié pour l’éternité. En fonction de la relativité espace-temps, l’éternité est fort heureusement limitée.

… C’est à l’américain Raymond Moody, alors professeur de philosophie, que revient le mérite de braver le ridicule autant que l’incrédulité en récoltant différents témoignages, particulièrement troublants auprès de ses propres élèves, sur des cas de personnes ramenées à la vie après mort constatée. … Personnage très social, Moody fait part de ses découvertes à de nombreuses personnes, qui plutôt que de le critiquer, lui apportent d’autres témoignages d’expériences vécues durant une « mort apparente » survenue lors d’un accident.

… Philosophe devenu psychiatre, … plusieurs de ses élèves de philo se montrent particulièrement intéressés par le cas du soldat Er, rapporté par Platon dans le livre X de sa République.

« Nous sommes en l’an 410 avant notre ère ! Il y a donc quelques 2400 ans. A l’issue d’une bataille les corps des soldats morts, déjà en décomposition sont disposés sur des bûchers édifiés sur place. Or le corps du soldat Er n’étant pas en décomposition est ramené chez lui pour être enseveli selon les rites. Et le voici qu'il se relève, après plusieurs jours d’abandon parmi les morts. Il commence à parler, avoir eu le sentiment de quitter son corps allongé sur le champ de bataille, puis son âme s’étant jointe à celles d'autres combattants décédés, ils ont parcouru le royaume d’Hadès où chacun revoit sa vie et établit lui-même son propre jugement. Mais les « êtres divins » intiment au soldat Er de bien retenir ce qu’il a vu et de le rapporter parmi les vivants.

 

  • Voilà un thème qui depuis longtemps excite les imaginations et sur lequel sont bâties beaucoup de croyances. Il faut avouer que nous n’en savons guère plus aujourd’hui. Et si nous restons encore un instant avec Platon : « Nous savons tout ce que nous ignorons » …, c’est le sens de sa maïeutique, l’art d’accoucher, de faire surgir la vérité dans le dialogue, car cette vérité est préexistante à l’être. On retrouve ici une certaine similitude avec le concept d’involution mis en lumière par Sri Aurobindo : "tout préexiste à l’état involué dans la Nature (la matière). C’est le sens de l’Evolution de faire naître à la conscience ce qui lui était caché jusqu’alors."

 

  • A l’issue de ses enquêtes, Raymond Moody est sollicité pour écrire un livre alors qu’il a entrepris ses études de médecine, guidé par son esprit de recherche. « Life after Life, la Vie après la Vie », préfacé par Elisabeth Kubler Ross, remporte un immense succès de libraire. De qui parle ce livre, de cas vécus, d’expériences proches de la mort.

 

  • Moody relate dans son ouvrage le cas de personnes qui ont survécu à des comas très profonds ou l’EEG resta plat durant plus de 20 minutes, le temps d’être déclaré mort quatre ou cinq fois de suite ! Cependant ces personnes ont été réanimées. C’est donc 150 récits de comas ou morts cliniques, ayant ‘entraîné des visions », que ces rescapés n’oseront pas relater de peur de passer pour fou. Le choc de l’accident, le stress dira l’entourage ! Mais en présence d’une oreille attentive et mis en confiance par la personnalité de l’enquêteur, beaucoup de ces rescapés « ayant vécu une expérience » s’expriment. Ainsi Moody décrit 15 caractères communs à ces expériences de retour après mort clinique déclarée, et fait le plus important, le souvenir d’un vécu durant cette période.

 

  • Premier caractère : tous les protagonistes disent que leur vision n’est pas exprimable en mots humains. Ils ont tous vécu un sentiment « d’Amour inconditionnel », le mot ineffable apparaît dans leurs récits.

 

  • Parmi les caractères suivants, survient le fait de s’entendre déclaré mort, une sensation de paix, de calme, puis des bruits, comme un gong parfois agréable ou bien effrayant. Vient ensuite la sortie du corps physique qui se manifeste par la capacité de se déplacer comme vole la pensée avec l’impression « d’utiliser des sens internes ». Nous soulignons cet aspect privilégié en relation avec la composante subtile des sens, bien connue des pratiquants du yoga. Le patient se sent ensuite comme aspiré, soit dans un tunnel ou une cavité obscure, où d’autres êtres souvent bienveillants l’escortent et le guident. Apparaît ensuite une lumière extrêmement intense qui cependant ne blesse pas la vue, cette radiation répand un profond sentiment d’amour incitant à passer sa propre vie en revue. Certains diront avoir simplement observé cette lumière, d’autres s’être immergé en elle dans un climat d’ineffable félicité.

 

  • Cette béatitude cesse lorsque le moribond rencontre une sorte de résistance l’incitant à regagner son corps physique. C’est alors le retour qui caractérise les dernières étapes recensées par l’auteur, avec le besoin de communiquer à l’autre « l’inimaginable voyage ».

 

  • Fait important à noter, les personnes ayant vécu et mémorisé une expérience de NDE, sont psychiquement transformées, plus calmes, altruistes, s’intéressant à leur entourage, à différents aspects philosophiques des mystères de la vie, alors qu’ils n’y prêtaient aucun intérêt auparavant et ceci quel que soit le niveau social et culturel. Ces personnes disent avoir perdu la crainte atavique de leur fin ; Par contres patients ne conservant aucun souvenir de leur réanimation, ne manifestent pas du tout le même état d’esprit.

Proposé par Dominique Bart

 

Rédigé par UCY

Publié dans #Spiritualité-philosophie

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