Prendre soin de la vie intégrale, Kiran Vias

Publié le 2 Novembre 2016

 Le journal du yoga 

N° 162 - Juin 2015

 

 Précurseur dans l'introduction de l'Ayurveda en France avec le Centre Tapovan, Kiran Vyas poursuit son projet éducatif, à Paris, en Normandie et en Inde. Pour lui, le yoga et l'ayurveda sont deux dons de l'Inde à l'humanité.    

 

Par Julien Lorenz

                  

Le journal du Yoga : En 1982, vous créez le Centre de yoga et de culture indienne Tapovan, devenu aujourd'hui l'Open University Yoga et Ayurveda. Quel était votre objectif ?

Kiran Vyas :  J'ai été élève pendant douze ans de la Mère au Centre international d'éducation Sri Aurobindo de Pondichéry. Gandhi  avait  demandé à mon père, l'un de ses plus proches collaborateurs, de créer un système éducatif. C'était avant l'indépendance de l'Inde. En 1950, l'ayurveda était une médecine illégale pour les Anglais et la transmission se faisait de maître à disciple. En arrivant en France, j'ai introduit le yoga à l'Unesco.

Puis, mon objectif est devenu plus clair : prendre soin de la vie intégrale par l'éducation, le yoga et l'ayurveda.

 

Jdy : De quel Yoga parlez-vous ? Il y en a tellement...

Kiran Vyas : Pour moi le yoga est avant tout une pratique spirituelle, méditative liée à la recherche de son for intérieur, avec les exigences qui vont avec : yamas, niyamas, pratyahara ... L'enseignant doit développer en soi des capacités, pas seulement gymniques, avoir le calme intérieur...

 

Jdy : Qu'avez-vous compris des besoins des Français dans les années 80 en ce qui concerne le yoga et l'ayurveda ?

Kiran Vyas : Santé, calme, beauté, bien-être ne sont pas les objectifs du yoga mais bien ceux de l'ayurveda.

Ayu signifie « élan vital ». Ce que recherchaient les Occidentaux c'était l'élan vital, l'énergie. L'ayurveda était la solution, éducative et préventive... A l'époque, il y avait des peurs et suspicions par rapport aux pratiques spirituelles. Aujourd'hui moins, mais cet élan vital reste au cœur de la demande de beaucoup de gens.

 

Jdy : Et comment développe-t-on cet élan vital, cette bonne santé naturelle ?

Kiran Vyas : Il y a trois secteurs sur lesquels on peut agir pour la santé : - la diététique,

- Le mode de vie (les amis, le travail, la famille, comment on vit...)

- et ce qui se passe dans la tête (pensée, dogme, philosophie, contrariétés mentales...).

- Il y en a un quatrième : « écouter sa petite voix » ! Celle qui sait ce qui est bon pour moi... mais que je n'écoute pas, cette intuition que l'on prend en défaut...

L'ayurveda n'est pas intéressé par la maladie mais par l'individu. C'est une pédagogie de la santé.

 

Jdy : On parle aussi beaucoup des doshas. Qu'en est-il ?

Kiran Vyas : Vata, pitta, kapha, c'est une petite facette pour bien comprendre l'être humain. Les concepts de tamas, raja, sattwa sont beaucoup plus forts, dans l'ayurveda.

Pour l'épanouissement de l'être, le but est de développer les qualités sattviques : lumière, légèreté, santé, beauté, énergie, et donc de diminuer ce qui est tamas. 

 

Jdy : Quel est l'apport de l'alimentation et la diététique sur ce chemin de lumière ?

Kiran Vyas : Il faut aborder les aliments de façon simple. Il faut que cela nourrisse et ce jus nourricier doit être de première qualité : bio mais surtout chargé en énergie vitale. Il faut manger des graines germées, des fruits bien mûris...

L'aspect vibratoire de la nourriture est déterminant. Deux autres aspects sont importants : équilibrer les six rasa ou saveurs (salé, sucré, acide, amer, astringent, piquant), mais aussi équilibrer les couleurs dans l'assiette...

 

Jdy : Les massages font-ils partie intégrante des techniques ayurvédiques ?

Kiran Vyas : Bien sûr, j'ai introduit le massage en France qui n'est pas médical, mais pour la santé, et qui n'est pas sexuel. Les massages ayurvédiques sont nombreux et divers pour équilibrer les tensions et les énergies, et stimuler l'élan vital.

 

Jdy : Vous êtes investi avec l'ambassade de l'Inde dans l'organisation de la journée internationale du yoga en France, mais que souhaite en réalité faire l'Inde pour le yoga et quel est le projet de son Premier ministre Narenda Modi ?

Kiran Vyas : Je connais Narenda Modi qui est du Gujarat comme moi. Il aime l'Inde, l'humanité et il a envie que tout aille vers une certaine lumière. Il est attiré par la spiritualité vivante de l'Inde. C'est un homme de progrès et d'action, attiré par les sciences et l'informatique. Le Yoga est la pointe de l'iceberg que comprend l'occident.

En vérité, ce qu'il a fait, c'est créer un ministère AYUSH : Ayurveda - Yoga-Unani* - Siddha* - Homéopathie. Ces approches traditionnelles sont aujourd'hui reconnues et ont leur ministère.

 

*Unani : médecine ancienne grecque et perse qui utilise sels minéraux, calendrier astrologique...

*Siddha : connaissance des points marma, science des guérisseurs anciens et de leur pouvoir, connaissances spirituelles.

 

Proposé par Monique Guillin

 

 

pour aller plus loin :

Site : http://www.tapovan.com/ 

http://kiranvyas.com/fr_FR/ :

Rédigé par UCY

Publié dans #Santé-alimentation -

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