La régulation émotionnelle de notre poids

Publié le 29 Juin 2016

Les carnets du Yoga

N° 348 - juin 2015

 

par Sylvain Taillardat,

 Diplômé en nutrition sportive, titulaire d'un DU de thérapie comportementale et cognitive. Intervenant dans les séminaires de la FNEY.

Il a pointé essentiellement l'importance d'être à l'écoute de son corps, qui ne réclame que ce dont il a besoin.

La régulation de notre poids répond à des réalités physiologiques simples !

 

Comme tous les mammifères omnivores, nous avons des capacités d'autorégulation qui, par l'intermédiaire de nos sensations alimentaires de faim et de satiété, tendent de réguler notre poids. A cela s'ajoute nos émotions, nos  pensées qui interviennent également dans la régulation de celui-ci.

Nos systèmes d'autorégulation fonctionnent instinctivement sans que l'on en ait conscience, mais parfois la machine s'emballe, les prises alimentaires ne correspondent plus à nos besoins, nos pensées et nos émotions nous inondent, notre poids n'est plus régulé : ce sont des troubles du comportement alimentaire (T.C.A.).

Les connaissance scientifiques et médicales progressent et nous recevons des informations de plus en plus précises et nombreuses sur nos besoins nutritionnels. Cela engendre de nouvelles difficultés pour le mangeur moderne.

Le contenu de ces messages est souvent confus. Exemple du slogan : « pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé ». Quantitativement, que signifie trop gras, trop sucré, trop salé ? Qualitativement, toutes les matières grasses sont-elles comparables ? L'huile d'olive a-t-elle la même valeur nutritionnelle que l'huile de palme ?  L'imprécision de ces recommandations ne permet ni une prise de conscience de son propre comportement alimentaire ni de le modifier.

Des travaux sociologiques récents montrent que ces très nombreux messages nutritionnels, sensés nous informer et nous aider à mieux manger, sont en fait source de très grande anxiété...

Jusqu'à présent, nos capacités d'autorégulation et nos habitudes culturelles construites autour du repas nous évitaient, en partie, ces questions anxiogènes. Maintenant, notre autorégulation est remplacée par une réflexion cognitive qui engage notre responsabilité de mangeur... Manger devient un acte grave qui nécessite une réflexion permanente.

Pour le mangeur soucieux de bien faire, l'anxiété est inévitable car il est impossible de manger tout le temps selon des règles strictes, rigides, qui se contredisent en permanence. Perdu, frustré, le mangeur se dit que « foutu pour foutu » autant en profiter en mangeant, de manière désordonnée, parfois boulimique, les aliments qu'il avait précédemment supprimés.

L'anarchie alimentaire s'arrête quand le mangeur reprend possession de sa volonté et redémarre le cycle « cette fois je vais réussir à manger sainement, équilibré, suivre les recommandations, éviter les aliments peu fréquentables jusqu'au prochain craquage ». C'est ainsi que se constitue un cercle vicieux qui s'auto-entretient.

Pour laisser de côté ces comportements et pensées alimentaires inappropriés, il suffit parfois de se recentrer sur l'essentiel, le plaisir de manger en pleine conscience pour profiter des aliments, du temps présent et des gens qui nous entourent.

L'acte de manger doit être accompli avec plaisir, valeur sûre contre toute frustration. Et même si parfois le plaisir nous entraîne dans l'excès alimentaire, alors l'autorégulation reprendra les commandes et le modulera afin que nous mangions moins les repas suivants.

 

Nous sommes les jouets d'une illusion et choisissons inconsciemment nos aliments en fonction de nos besoins. Nous croyons, en effet , prendre plaisir à manger des aliments qui ont bon goût, alors qu'en réalité nous trouvons bon goût à des aliments qui nous procurent du plaisir parce que nous en avons besoin.

 Conseils à un yogi : les personnes qui pratiquent le yoga ont, comme toute autre personne, des besoins spécifiques dus à leur individualité d'une part, et à la pratique du yoga d'autre part. Un conseil simple et pragmatique est de respecter un temps de digestion suffisant avant la pratique (entre deux et quatre heures suivant la composition du repas).

D'un point de vue général, les pratiquants du yoga devraient avoir une relation apaisée avec la nourriture : manger en paix, en prenant du plaisir, et profiter de la convivialité lors des moments de partage que sont les repas.

 

Si ce n'était pas le cas, ces personnes devraient mettre à profit leurs capacités d'introspection pour redécouvrir leurs sensations alimentaires de faim, de satiété, les appétits spécifiques, clés essentielles pour manger sainement, en pleine conscience, tout en respectant ses besoins.

 

 

Proposé par Monique Guillin

 

 

 

Rédigé par UCY

Publié dans #Santé-alimentation -

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