La vie après la vie, Quelques aperçus d’orient et d’occident - 2ème partie

Publié le 23 Novembre 2016

 Les Carnets du Yoga

Septembre 2016 – N°349

D’après un article de Rémy Chaloin

2ème partie -

 

 Le temps du passage dans le bouddhisme vajrayana

Milarépa chantait :

« La peur de la mort m’a conduit dans les montagnes neigeuses

Sur l’incertitude de son heure j’ai médité

Et j’ai gagné la citadelle immortelle de l’essence vraie,

La crainte au loin s’est effacée ».

 

Pour la tradition tibétaine, la fin de la vie est un moment peut-être plus importante que la naissance. C’est un « bardo », un espace de temps bien défini.

On compte ainsi six bardo ! Un premier de la naissance à la mort du sujet,

- Le bardo du sommeil et du rêve,

- Le bardo de la « concentration, relatif à la méditation ».

Ces trois premiers temps appartiennent à la vie consciente et sont sensés conditionner les suivants. Puis viennent :

- Le bardo du moment de la mort, le temps du processus final,

- Le bardo de la « nature en soi », de la mort à l’état post-mortem,

- Le bardo du devenir, de la fin du précédent jusqu’à la nouvelle naissance.

Les trois premiers bardo du temps du vivant vont, bien entendu, jouer un rôle capital dans le contenu et le déroulement des trois suivants. C’est au cours de la vie consciente que le sujet peut orienter sa vie ultérieure et se diriger vers l’Eveil, on dit aussi la vraie nature de Bouddha, qui n’est pas quelque chose à acquérir, mais un dépouillement des voiles qui obscurcissent l’esprit. Comme dans toutes les pratiques de yoga, il s’agit d’éliminer les impuretés de la conscience ou ignorance.

Le second bardo de la mort, bardo de la « nature en soi », offre par les descriptions qui en sont faites des similitudes frappantes avec celles relatant les NDE. Notamment une lumière intense peut provoquer une grande angoisse entraînant le défunt vers un chemin de renaissance, solution de facilité. 

Par contre, reconnaître la lumière intense, c’est aussi reconnaître la présence d’un des cinq Bouddha présents eux-mêmes dans notre esprit et le prier de dissiper les souffrances du bardo.

Sur un autre plan, nous savons qu’une étude et une pratique du yoga contribuent à un élargissement du champ de conscience. Il est alors permis de penser qu’on saura reconnaitre à ce moment crucial, que la lumière et l’esprit ne font qu’un, et se libérer ainsi des souffrances du bardo, du passage. Autrement, par sa conscience limitée, le défunt reste assujetti au samsara, la ronde des renaissances, fruit de notre ignorance.  

 

Une chose est certaine dit Bokhar Rimpoché :

« Des pratiques religieuses différentes auront laissé dans l’esprit d’autres empreintes que celles de la Tradition » et il poursuit par une affirmation dont la teneur revêt un saisissant caractère universel : « toutefois, même s’il apparaît certaines différences dans la forme, la nature même de ces phénomènes ne varie pas ».

Les lumières éblouissantes et les corps lumineux qui apparaissent ne sont rien d’autre qu’une expression du mode d’être de notre esprit.

« La mort n’existe pas, puisque c’est le corps qui meurt et que le corps n’est point l’homme. L’âme est, et ne peut cesser d’être, bien qu’elle puisse changer de forme et d’apparence ».

Yoga de la Bhagavad Gîtâ. Sri aurobindo – commentaires II-2-16

 

Rédigé par UCY

Publié dans #Spiritualité-philosophie

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